Guide complet

Ouvrir un bar : licence, permis d’exploitation, démarches et budget

Réponse rapide : pour ouvrir un bar, il faut une licence de débit de boissons à consommer sur place (licence III jusqu’à 18°, licence IV au-delà, à racheter car on n’en crée plus), le permis d’exploitation (formation d’au moins 20 heures, valable 10 ans), une déclaration en mairie au moins 15 jours avant l’ouverture, un local hors zone protégée et conforme aux règles des établissements recevant du public, et une entreprise immatriculée.

Ouvrir un bar ou un café, c’est d’abord une question de licence : laquelle, comment l’obtenir, et à quel prix pour la licence IV qui ne se crée plus. Voici les règles officielles dans l’ordre, de la formation obligatoire à la déclaration en mairie, puis un budget d’exemple et la check-list des dernières semaines.

À retenir

  • Licence III pour les boissons jusqu’à 18°, licence IV au-delà : aucune licence IV nouvelle n’est créée, il faut en racheter une.
  • Le permis d’exploitation est obligatoire pour vendre à consommer sur place : au moins 20 heures de formation, valable 10 ans.
  • La déclaration (Cerfa 11542) se fait en mairie au moins 15 jours avant l’ouverture ; gardez le récépissé.
  • Vérifiez avant de signer le bail que l’adresse n’est pas dans une zone protégée (écoles, stades, hôpitaux…).
Mis à jour le 8 min de lecture Par l’équipe Voxtya

Que faut-il pour ouvrir un bar ?

Le bar est l’un des commerces les plus encadrés en France, parce qu’il vend de l’alcool. Les règles ne sont pas compliquées, mais elles s’enchaînent dans un ordre précis, et une erreur au départ (un local en zone protégée, une licence qui ne peut pas être transférée) peut bloquer tout le projet.

Ce guide suit cet ordre, avec les sources officielles. Pour les affiches à poser une fois ouvert, voyez l’affichage obligatoire dans un bar.

Licence III ou licence IV : laquelle choisir ?

Selon Entreprendre Service-public, tout établissement qui vend de l’alcool, sur place ou à emporter, doit avoir une licence. Pour un bar, ce sont les licences « à consommer sur place » :

LicenceCe qu’elle permetComment l’obtenir
Licence IIIBoissons jusqu’à 18° : vin, bière, cidre…Gratuite, mais pas de nouvelle licence dans une commune qui compte déjà un débit (licences III et IV) pour 450 habitants
Licence IVToutes les boissons, y compris au-delà de 18° : gin, vodka, whisky…La création d’une nouvelle licence IV est interdite : il faut racheter une licence existante

Les boissons de moins de 1,2° (groupe 1) se vendent sans licence. Les licences « restaurant » ne servent qu’à vendre de l’alcool pendant les repas ; un bar qui sert en dehors des repas a besoin d’une licence de débit de boissons à consommer sur place.

Bien choisir

  • Bar à bières, bar à vins, café de quartier sans cocktails ni spiritueux : la licence III suffit souvent
  • Bar à cocktails, pub avec spiritueux, apéritifs anisés : licence IV indispensable
  • Projet en reprise : vérifiez la catégorie de la licence attachée au fonds et qu’elle a bien été exploitée
Une licence fermée volontairement pendant plus de 5 ans est supprimée et ne peut plus être transférée. Avant d’acheter une licence IV « dormante », demandez la date de dernière exploitation et faites vérifier par votre conseil.

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Acheter une licence IV : ce qu’il faut vérifier

Puisqu’aucune licence IV nouvelle n’est créée, elles s’achètent entre exploitants, seules ou avec un fonds de commerce. Leur prix est libre et varie beaucoup selon la commune : il n’existe pas de barème officiel. Avant de signer :

  1. Où est la licence aujourd’hui ? Dans la même commune, on parle de « translation » ; dans une autre commune du même département, de « transfert ». Le transfert est encadré et passe par la préfecture.
  2. A-t-elle été exploitée récemment ? Au-delà de 5 ans de fermeture, elle est supprimée.
  3. Votre adresse est-elle hors zone protégée ? Sinon, la licence ne pourra pas y être exploitée (voir plus bas).
  4. Le vendeur est-il bien titulaire ? Demandez le récépissé de déclaration (Cerfa 11543) à son nom.

Faites rédiger l’acte de cession par un professionnel (avocat, notaire, expert-comptable) : c’est un achat important, et une licence inutilisable à votre adresse n’a aucune valeur pour vous.

Le permis d’exploitation : la formation obligatoire

Pour vendre de l’alcool à consommer sur place, l’exploitant doit avoir le permis d’exploitation, délivré à l’issue d’une formation par un organisme agréé. Selon la fiche officielle :

  • formation d’au moins 20 heures, réparties sur au moins 3 jours ;
  • permis valable 10 ans ;
  • renouvellement par une formation d’au moins 6 heures ;
  • coût de la formation : jusqu’à 1 000 € environ selon la fiche officielle.

La formation porte sur la réglementation des débits de boissons, la prévention de l’alcoolisation, la protection des mineurs et les responsabilités de l’exploitant. Suivez-la avant la déclaration : le permis vous sera demandé.

Qui peut être titulaire ?

Il faut être majeur (ou mineur émancipé) et ne pas être sous tutelle. Certaines condamnations interdisent d’exploiter un débit de boissons, définitivement ou pendant 5 ans. Il n’y a pas de condition de nationalité, sauf en Alsace-Moselle.

La déclaration en mairie, 15 jours avant d’ouvrir

L’ouverture d’un débit de boissons, comme sa mutation (changement d’exploitant) ou sa translation (déménagement dans la commune), se déclare au moins 15 jours avant avec le formulaire Cerfa 11542, déposé à la mairie. À Paris et en Alsace-Moselle, la déclaration se fait à la préfecture.

Vous recevez un récépissé (Cerfa 11543) : gardez-le précieusement, c’est la preuve de votre licence. Il ne vaut pas, à lui seul, autorisation d’exploiter : le reste des règles (permis, zones protégées, sécurité du local) doit être respecté.

  1. Permis d’exploitation en poche
  2. Cerfa 11542 rempli, avec les pièces demandées par la mairie
  3. Dépôt au moins 15 jours avant l’ouverture
  4. Récépissé Cerfa 11543 conservé et pancarte indiquant le type de licence affichée (voir affichage obligatoire)

Le local : zones protégées, horaires, sécurité

Les zones protégées

La vente d’alcool est interdite dans un périmètre autour de certains lieux : stades, piscines, terrains de sport, hôpitaux et cliniques, centres de soins en addictologie, établissements pour la jeunesse, écoles et centres de formation. Le préfet fixe ces périmètres par arrêté, et la distance se mesure en ligne droite depuis l’entrée principale. Un bar qui existait avant la création de la zone peut continuer. Demandez l’arrêté à la mairie ou à la préfecture avant de signer le bail.

Les horaires

Les heures d’ouverture et de fermeture des débits de boissons sont fixées par arrêté préfectoral dans chaque département, et le maire peut être plus restrictif. Renseignez-vous en mairie : un bar de nuit n’a pas le même modèle économique qu’un café qui ferme à 20 h.

La sécurité du local

Un bar reçoit du public : sécurité incendie, issues de secours, accessibilité. Si le local change d’usage ou reçoit des travaux, la mairie vous indiquera les autorisations à demander. Pensez aussi au voisinage : le bruit est la première source de conflit d’un bar.

Quel budget pour ouvrir un bar ? Un exemple à adapter

Le budget dépend surtout du fonds (ou du droit au bail), de la licence et des travaux. Voici une grille d’exemple pour un petit bar, avec des montants purement indicatifs, à remplacer par vos devis :

PosteCe qu’il comprendExemple (à remplacer)
Fonds ou droit au bailRachat du fonds, ou droit d’entrée et dépôt de garantie60 000 €
LicenceRachat d’une licence IV si elle n’est pas comprise dans le fonds (prix libre, très variable selon la commune)à chiffrer
Travaux et mise aux normesComptoir, sanitaires, électricité, insonorisation, accessibilité30 000 €
MatérielTireuse, machine à café, froid, lave-verres, verrerie, mobilier20 000 €
Formation et démarchesPermis d’exploitation, immatriculation, conseil juridique2 500 €
Stock de départBoissons, consommables6 000 €
TrésorerieLoyer, salaires et charges des premiers mois20 000 €
  • Demandez au vendeur les chiffres de caisse et les bilans des 3 dernières années
  • Vérifiez les contrats en cours (brasseur, machine à café) : certains engagent l’acheteur
  • Chiffrez une marge par boisson (prix de vente HT ÷ coût d’achat) avant de fixer votre carte

Les dernières semaines et les premiers mois

  • Permis d’exploitation obtenu, déclaration déposée, récépissé reçu
  • Affiches obligatoires posées : licence, protection des mineurs, prix, espace sans tabac, eau potable gratuite
  • Carte des boissons avec prix, et la même carte affichée dehors pour les boissons les plus servies
  • Fiche Google créée, avec horaires exacts, photos du comptoir et de la terrasse
  • Équipe briefée sur l’âge minimum : pas d’alcool aux moins de 18 ans, carte d’identité en cas de doute (la vente à un mineur coûte 7 500 € d’amende et l’interdiction d’exploiter la licence pendant 1 an)
  • Soirée d’ouverture annoncée en vitrine et sur les réseaux deux semaines avant

Ensuite, tout se joue sur les habitués et le bouche-à-oreille. La fiche Google et les avis comptent beaucoup pour un bar : c’est là qu’on choisit où boire un verre en arrivant dans un quartier. Nos 30 idées marketing pour un bar et le guide avis Google pour un bar ou un café prennent le relais.

On ouvre ! [Nom du bar] vous attend le [date] à partir de [heure] au [adresse]. Bières à la pression, [spécialité] et une terrasse au soleil. Venez trinquer avec nous pour la soirée d’ouverture !

Les étapes, en résumé

Les étapes pour ouvrir un bar, de la licence à la déclaration en mairie.

  1. Choisir la licence. Licence III jusqu’à 18°, licence IV au-delà, à racheter car aucune n’est créée.
  2. Vérifier le local. Hors zone protégée, horaires de l’arrêté préfectoral, règles de sécurité du public.
  3. Suivre la formation. Permis d’exploitation : au moins 20 heures sur 3 jours, valable 10 ans.
  4. Immatriculer l’entreprise. Sur le guichet des formalités des entreprises.
  5. Déclarer en mairie. Cerfa 11542 au moins 15 jours avant l’ouverture, récépissé Cerfa 11543 à conserver.
  6. Préparer l’ouverture. Affiches obligatoires, carte et prix, fiche Google, équipe formée.

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Pour aller plus loin

Sources

Les règles citées dans ce guide viennent de ces pages officielles, consultées le 28 octobre 2026.

Quelle licence faut-il pour ouvrir un bar ?
Une licence de débit de boissons à consommer sur place : la licence III pour les boissons jusqu’à 18° (vin, bière, cidre) ou la licence IV pour toutes les boissons, y compris les spiritueux.
Peut-on obtenir une nouvelle licence IV ?
Non. La création d’une nouvelle licence IV est interdite. Il faut racheter une licence existante, seule ou avec un fonds de commerce.
Combien coûte une licence IV ?
Il n’y a pas de prix officiel : la licence IV s’achète entre exploitants et son prix varie beaucoup selon la commune et la demande. Les autres licences sont gratuites.
Le permis d’exploitation est-il obligatoire ?
Oui, pour vendre de l’alcool à consommer sur place. La formation dure au moins 20 heures sur au moins 3 jours, le permis est valable 10 ans et se renouvelle par une formation d’au moins 6 heures.
Où déclarer l’ouverture d’un bar ?
En mairie, avec le Cerfa 11542, au moins 15 jours avant l’ouverture. À Paris et en Alsace-Moselle, à la préfecture. Vous recevez un récépissé (Cerfa 11543).
Qu’est-ce qu’une zone protégée ?
Un périmètre fixé par arrêté préfectoral autour d’écoles, stades, piscines, hôpitaux ou établissements pour la jeunesse, où la vente d’alcool est interdite. Vérifiez l’adresse avant de signer le bail.
Peut-on transférer une licence dans une autre commune ?
Dans une autre commune du même département, oui, c’est un transfert, encadré par la préfecture. Dans la même commune, on parle de translation. Dans tous les cas, une déclaration est faite au moins 15 jours avant.
Une licence peut-elle disparaître ?
Oui. Une licence est supprimée après 5 ans de fermeture volontaire, ou à la fin d’une liquidation judiciaire.
Qui fixe les horaires d’un bar ?
Un arrêté préfectoral fixe les heures d’ouverture et de fermeture des débits de boissons dans chaque département ; le maire peut être plus restrictif. Renseignez-vous en mairie.
Que risque-t-on en servant de l’alcool à un mineur ?
Une amende de 7 500 € et l’interdiction d’exploiter la licence pendant 1 an, selon la fiche officielle sur les débits de boissons.
Questions fréquentes

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