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Ouvrir un gîte (meublé de tourisme) : démarches, classement et impôts

Réponse rapide : un gîte, au sens légal, est un meublé de tourisme : un logement meublé loué en entier à des vacanciers, pour de courtes durées, sans que vous y habitiez. Pour une résidence secondaire, il faut déclarer la location en mairie (déclaration simple avec le cerfa 14004, ou déclaration avec enregistrement dans les communes qui l’exigent), immatriculer l’activité pour obtenir un SIRET, collecter la taxe de séjour et déclarer vos revenus. Pensez au classement en étoiles : sans lui, l’abattement fiscal tombe à 30 % et le micro-BIC est plafonné à 15 000 € de recettes.

Louer votre maison de campagne ou un appartement à des vacanciers, c’est ouvrir un meublé de tourisme, ce qu’on appelle couramment un gîte. Les règles se sont durcies : déclaration ou enregistrement en mairie selon la commune, numéro à afficher dans chaque annonce, et un régime fiscal bien moins favorable si le logement n’est pas classé. Voici les étapes, un calcul qui montre l’intérêt du classement et la liste de ce qu’il faut préparer.

À retenir

  • Un gîte au sens légal est un meublé de tourisme : un logement entier, loué à la semaine ou à la nuit, sans que vous soyez présent.
  • Selon la commune : déclaration simple (cerfa 14004) ou déclaration avec enregistrement, qui donne un numéro à mettre dans chaque annonce.
  • Sans classement, l’abattement fiscal tombe à 30 % et le micro-BIC est limité à 15 000 € de recettes ; classé, il est de 50 %.
  • Le classement de 1 à 5 étoiles est facultatif, se fait par un organisme agréé et vaut 5 ans.
Mis à jour le 9 min de lecture Par l’équipe Voxtya

Que faut-il pour ouvrir un gîte ?

Le mot « gîte » est celui que tout le monde emploie, mais la loi parle de meublé de tourisme. La fiche officielle « Faire de sa résidence secondaire une location de vacances » de Service-public le définit ainsi : une maison ou un appartement dont le client a l’usage exclusif pendant votre absence, loué pour de courts séjours (à la journée, à la semaine ou au mois). Un même client ne peut pas y rester plus de 90 jours consécutifs dans l’année.

Ce n’est pas une chambre d’hôtes : là, vous habitez sur place et servez le petit-déjeuner (voir notre guide ouvrir une chambre d’hôtes). Ce guide traite de la location d’une résidence secondaire ; si vous louez votre résidence principale quand vous partez, des règles différentes s’appliquent, détaillées par Service-public sur une page à part.

Le logement : équipement minimal et copropriété

Un meublé de tourisme doit être équipé pour qu’on puisse y vivre dès l’arrivée. La réglementation prévoit une liste minimale : literie, de quoi cuisiner, réfrigérateur et congélateur, vaisselle, matériel d’entretien. En pratique, les vacanciers attendent davantage, et les avis le disent vite.

La check-list d’équipement

  • Literie complète pour le nombre de couchages annoncé, avec couettes ou couvertures et oreillers
  • Plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec freezer ou congélateur
  • Vaisselle et ustensiles pour le nombre de personnes, plus quelques pièces de réserve
  • Matériel de ménage (aspirateur, seau, balai)
  • Rideaux ou volets occultants dans les chambres
  • Table et chaises pour tous les occupants
  • Wi-Fi : pas obligatoire, mais demandé par la plupart des voyageurs
  • Un classeur d’accueil : fonctionnement du chauffage, tri des déchets, numéros utiles, adresses du coin

En copropriété

Vérifiez le règlement de copropriété avant tout. Pour les règlements établis depuis le 21 novembre 2024, il doit préciser si la location de courte durée est autorisée. Pour les plus anciens, une clause d’habitation « exclusivement bourgeoise » interdit les activités professionnelles, dont ces locations. Et si le règlement interdit les activités commerciales dans les lots qui ne sont pas commerciaux, l’assemblée générale peut voter l’interdiction des meublés de tourisme. Une fois enregistré, vous devez transmettre votre numéro au syndic.

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Déclaration simple ou enregistrement : ce que demande votre mairie

Il existe deux régimes, et c’est votre commune qui décide lequel s’applique. Renseignez-vous en mairie avant de publier la moindre annonce.

Déclaration simpleDéclaration avec enregistrement
OùLa plupart des petites communesLa plupart des grandes communes, et celles qui l’ont décidé
CommentCerfa n° 14004, envoyé au maire en lettre recommandée avec accusé de réceptionEn ligne ou selon les instructions de la commune, gratuitement
Ce que vous obtenezUn accusé de réceptionUn numéro de 13 caractères (code de la commune, identifiant, clé)
AvantRien de plusParfois une autorisation de changement d’usage, avec un DPE classé A à E en métropole (A à D à partir de 2034)
Sanction si oubliJusqu’à 450 €Amende civile jusqu’à 5 000 €

Louer sans l’autorisation de changement d’usage, là où elle est exigée, expose à une amende jusqu’à 100 000 €, avec possible obligation de remettre le logement à son usage d’origine et astreinte.

Le numéro d’enregistrement doit figurer dans chaque annonce, y compris sur les plateformes en ligne. Chaque annonce doit aussi indiquer si vous louez en tant que particulier ou professionnel.

Question à poser à la mairie (e-mail)

Bonjour, je souhaite louer en meublé de tourisme ma résidence secondaire située [adresse], à partir de [mois]. Pouvez-vous m’indiquer : 1) si la commune applique la déclaration simple ou la déclaration avec enregistrement ; 2) si une autorisation de changement d’usage est nécessaire ; 3) le tarif de la taxe de séjour et la façon de la reverser ? Merci par avance.

SIRET, assurance et règles de chaque location

Même en tant que particulier, louer un meublé de tourisme est une activité économique : vous devez vous inscrire au répertoire Sirene de l’Insee par le Guichet des formalités des entreprises. C’est gratuit et vous obtenez un numéro SIRET, utile pour vos déclarations.

À chaque location

  • Faire figurer le numéro d’enregistrement (s’il existe) et la mention « particulier » ou « professionnel » dans l’annonce
  • Collecter la taxe de séjour, sauf si la plateforme de réservation le fait pour vous
  • Faire remplir une fiche de police à chaque client étranger et la conserver 6 mois
  • Envoyer un contrat ou une confirmation écrite : dates, prix total, acompte, conditions d’annulation, dépôt de garantie, heure d’arrivée
  • Faire un état des lieux à l’arrivée et au départ, même rapide, avec photos

Assurance

Votre assurance de résidence secondaire ne couvre pas forcément la location à des vacanciers. Demandez par écrit à votre assureur une garantie adaptée (dommages causés par les locataires, responsabilité civile, perte de loyers après un sinistre).

Extrait de confirmation de réservation

Gîte [nom], [adresse]. Numéro d’enregistrement : [numéro]. Séjour du [date] à [heure] au [date] à [heure], pour [nombre] personnes. Prix total du séjour : [montant] €, ménage de fin de séjour [compris / en option à X €], taxe de séjour [montant] € par adulte et par nuit. Acompte versé : [montant] €. Solde à régler le [date]. Dépôt de garantie : [montant] €, restitué sous [délai] après l’état des lieux. Annulation : [vos conditions].

Faut-il faire classer son gîte ?

Le classement en étoiles est facultatif et payant. Il existe 5 catégories, de 1 à 5 étoiles. Un organisme d’évaluation agréé visite le logement et vous remet dans le mois un certificat de visite avec une proposition de classement. Vous avez 15 jours pour la refuser ; sinon, le classement est acquis pour 5 ans.

Service-public cite trois avantages, sous conditions : éviter le tarif de taxe de séjour plus élevé appliqué aux logements non classés, bénéficier d’un abattement fiscal plus élevé, et dans certaines zones rurales (ZFRR) une exonération de taxe foncière et de taxe d’habitation.

L’effet sur vos impôts : un exemple chiffré

Au régime micro-BIC, les règles officielles pour les meublés de tourisme sont les suivantes :

Non classéClassé
Abattement forfaitaire30 %50 %
Plafond de recettes au micro-BIC15 000 €77 700 € (revenus 2025), 83 600 € (revenus 2026)
Exemple : un gîte de 4 personnes loué 20 semaines par an à 650 € la semaine, soit 13 000 € de recettes. Non classé : abattement de 30 % (3 900 €), revenu imposable 9 100 €. Classé : abattement de 50 % (6 500 €), revenu imposable 6 500 €. Écart de revenu imposable : 2 600 € par an. Avec 24 semaines (15 600 €), le gîte non classé dépasse le plafond de 15 000 € et sort du micro-BIC ; classé, il y reste. Ces montants sont un exemple de calcul.

Au-delà de l’impôt, les étoiles rassurent certains vacanciers et sont un critère de recherche sur des sites d’hébergement. Le coût de la visite est à comparer avec l’économie d’impôt sur 5 ans.

Fixer ses prix et remplir son calendrier

Un gîte se vend surtout à la semaine en haute saison, et à la nuit ou au week-end le reste de l’année. Construisez une grille simple :

Période (exemple)Durée minimalePrix d’exemple
Juillet-août7 nuits, arrivée le samedi750 € la semaine
Vacances scolaires et ponts3 nuits110 € la nuit
Reste de l’année2 nuits85 € la nuit

Ajoutez les éléments qui changent le prix final : ménage de fin de séjour (compris ou en option), linge (fourni ou à apporter), taxe de séjour, dépôt de garantie. Indiquez toujours un prix total clair dans votre annonce et votre confirmation. La méthode complète pour calculer un prix qui couvre vos charges est dans notre guide fixer le prix d’une chambre d’hôtes, qui vaut aussi pour un gîte.

D’où viendront les réservations

  1. Votre fiche Google, pour ceux qui cherchent un gîte autour de votre village sur Google Maps
  2. Un site à vous avec les photos, le calendrier et la réservation en direct, sans commission : voir créer le site de sa chambre d’hôtes ou de son gîte
  3. Les plateformes, pour vous faire découvrir, en sachant qu’elles prélèvent une commission ou des frais
  4. Vos anciens locataires, que vous recontactez pour l’année suivante

Les avis comptent énormément pour un gîte, car le vacancier réserve un logement qu’il n’a jamais vu. Demandez-les systématiquement après le départ : voir plus d’avis Google pour un hébergement.

La check-list avant la première location

  • Vérifier le règlement de copropriété (en immeuble)
  • Demander à la mairie : déclaration simple ou enregistrement, changement d’usage, taxe de séjour
  • Faire réaliser ou relire le DPE du logement
  • Déclarer en mairie (cerfa 14004) ou obtenir le numéro d’enregistrement
  • S’inscrire au répertoire Sirene via le Guichet des formalités des entreprises
  • Adapter l’assurance
  • Équiper le logement et préparer le classeur d’accueil
  • Décider de faire classer ou non le logement, et prendre rendez-vous avec un organisme agréé
  • Prendre des photos à la lumière du jour, pièce par pièce
  • Rédiger l’annonce avec le numéro d’enregistrement et la mention particulier / professionnel
  • Préparer le modèle de confirmation, l’état des lieux et les fiches de police
  • Créer la fiche Google et ouvrir les réservations

Les étapes, en résumé

Les étapes pour louer une résidence secondaire en meublé de tourisme dans les règles.

  1. Vérifier le logement. Équipement minimal, règlement de copropriété, DPE si la commune demande un changement d’usage.
  2. Se renseigner en mairie. Déclaration simple ou avec enregistrement, autorisation de changement d’usage, taxe de séjour.
  3. Déclarer la location. Cerfa 14004 en recommandé, ou enregistrement en ligne pour obtenir le numéro de 13 caractères.
  4. Obtenir un SIRET. Inscription au répertoire Sirene via le Guichet des formalités des entreprises.
  5. Décider du classement. Visite d’un organisme agréé, de 1 à 5 étoiles, valable 5 ans, avec un abattement fiscal de 50 % au lieu de 30 %.
  6. Publier et louer. Annonce avec numéro d’enregistrement, confirmation écrite, taxe de séjour, fiches de police des clients étrangers.

Ce guide pour votre métier

Tous les guides · Hôtel, chambre d’hôtes et gîte (10)

Pour aller plus loin

Sources

Les règles citées dans ce guide viennent de ces pages officielles, consultées le 28 octobre 2026.

Quelle différence entre un gîte et une chambre d’hôtes ?
Le gîte est un meublé de tourisme : le logement entier est loué et vous n’y êtes pas. La chambre d’hôtes est une chambre dans votre habitation, avec accueil en personne et petit-déjeuner servi par vous.
Faut-il déclarer un gîte en mairie ?
Oui pour une résidence secondaire. Selon la commune, c’est une déclaration simple avec le cerfa 14004, envoyé en recommandé au maire, ou une déclaration avec enregistrement qui donne un numéro à 13 caractères.
Que risque-t-on si on ne déclare pas son gîte ?
Jusqu’à 450 € d’amende sans déclaration simple, une amende civile jusqu’à 5 000 € sans enregistrement là où il est obligatoire, et jusqu’à 100 000 € sans autorisation de changement d’usage là où elle est exigée.
Où mettre le numéro d’enregistrement ?
Dans chaque annonce, y compris sur les plateformes en ligne. En copropriété, il faut aussi le transmettre au syndic.
Faut-il un SIRET pour louer un gîte ?
Oui. Même en tant que particulier, vous vous inscrivez gratuitement au répertoire Sirene de l’Insee via le Guichet des formalités des entreprises.
Comment sont imposés les revenus d’un gîte non classé ?
Au micro-BIC, avec un abattement de 30 % et un plafond de 15 000 € de recettes. Au-delà, c’est le régime réel. Un gîte classé bénéficie d’un abattement de 50 %.
Comment faire classer son gîte ?
En faisant appel à un organisme d’évaluation agréé, qui visite le logement et propose un classement de 1 à 5 étoiles dans le mois. Vous avez 15 jours pour refuser. Le classement vaut 5 ans.
Combien de temps un client peut-il rester dans un gîte ?
Un même client ne peut pas totaliser plus de 90 jours consécutifs de location par année civile dans un meublé de tourisme.
Qui collecte la taxe de séjour d’un gîte ?
Vous, si votre commune l’a instituée, puis vous la reversez. Quand la réservation passe par une plateforme, celle-ci peut la collecter et la reverser à votre place.
Peut-on louer son appartement en gîte dans un immeuble ?
Seulement si le règlement de copropriété le permet. Une clause d’habitation exclusivement bourgeoise l’interdit, et l’assemblée générale peut voter une interdiction dans certains cas.
Questions fréquentes

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