Guide complet

Prix d’une chambre d’hôtes : comment fixer le bon prix de la nuit, calcul à l’appui

Réponse rapide : calculez d’abord votre prix plancher : (charges fixes de l’année ÷ nuits que vous pensez vendre) + coût d’une nuit occupée (petit-déjeuner, linge, énergie) + ce que vous voulez gagner pour votre travail. Augmentez-le pour couvrir vos cotisations et les commissions des plateformes. Comparez ensuite avec 5 hébergements équivalents près de chez vous à la même date, et déclinez une grille par saison. Le prix est libre, mais il doit être affiché toutes taxes comprises.

Trop bas, vos chambres sont pleines mais vous travaillez pour rien. Trop haut, elles restent vides. Le bon prix d’une chambre d’hôtes se construit en trois temps : un prix plancher qui couvre vos charges et votre travail, une vérification face aux hébergements comparables autour de vous, puis une grille par saison. Voici la méthode, avec un calcul complet que vous pouvez refaire avec vos chiffres.

À retenir

  • Commencez par le prix plancher : coûts par nuit occupée + part des charges fixes + rémunération de votre travail.
  • Ajoutez ce que les cotisations et les plateformes prélèvent sur vos recettes, sinon votre marge disparaît sans que vous le voyiez.
  • Comparez ensuite avec 5 hébergements équivalents autour de vous, à la même date, pour vous situer.
  • Le prix est libre, mais il s’affiche TTC, et la taxe de séjour au réel s’ajoute à part.
Mis à jour le 10 min de lecture Par l’équipe Voxtya

Comment fixer le prix d’une chambre d’hôtes ?

La fiche officielle « Ouvrir une chambre d’hôtes » le rappelle : le prix de la nuitée est libre et se fixe selon le confort, les prestations et l’attrait touristique du lieu. Personne ne vous impose un tarif. C’est justement pour ça qu’il faut une méthode : beaucoup de propriétaires copient le prix du voisin sans savoir si ce prix couvre leurs propres charges.

Ce guide vaut pour une chambre d’hôtes, et presque à l’identique pour un gîte (en remplaçant le petit-déjeuner par le ménage de fin de séjour). Tous les montants sont des exemples : refaites le calcul avec vos chiffres.

Étape 1 : listez vos charges, fixes et par nuit

Séparez deux familles de coûts. Les charges fixes tombent même si personne ne vient. Les coûts par nuit n’existent que lorsqu’une chambre est occupée.

Charges fixes de l’année (exemple, pour 2 chambres)

PostePar an (exemple)
Supplément d’assurance pour l’activité400 €
Renouvellement de la literie et du linge (étalé sur 5 ans)460 €
Petits travaux, peinture, entretien des chambres500 €
Outil de réservation en ligne et site348 €
Part d’internet, d’abonnements, de frais bancaires240 €
Total1 948 €

Coût d’une nuit occupée (exemple, chambre pour 2)

PostePar nuit (exemple)
Petit-déjeuner pour 2 (pain, viennoiseries, fruits, boissons, confitures)9,00 €
Blanchisserie (draps, serviettes)6,00 €
Eau, chauffage, électricité supplémentaires4,00 €
Produits d’accueil et de ménage2,00 €
Total21,00 €

Pour les coûts par nuit, le plus fiable est de noter vos achats pendant un mois et de diviser par le nombre de nuits vendues. Les estimations « au jugé » sont presque toujours trop basses.

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Étape 2 : calculez votre prix plancher

Estimez honnêtement le nombre de nuits que vous vendrez dans l’année, toutes chambres confondues. Pour une première année, restez prudent.

Calcul d’exemple : 2 chambres, 110 nuits vendues prévues dans l’année.
Part des charges fixes par nuit : 1 948 € ÷ 110 = 17,71 €
Coût d’une nuit occupée : 21,00 €
Prix plancher sans rémunération : 17,71 + 21,00 = 38,71 €
Rémunération voulue pour votre travail (accueil, ménage, petit-déjeuner, courses, environ 1 h 30 par nuit) : 30,00 €
Prix plancher avec votre travail : 68,71 €

En dessous de 38,71 €, chaque nuit vous coûte de l’argent. Entre 38,71 € et 68,71 €, vous travaillez sans être payé. C’est ce chiffre de 68,71 € qui doit servir de base, pas le prix du voisin.

Étape 2 bis : ajoutez ce qui est prélevé sur vos recettes

Ce que vous encaissez n’est pas ce qui vous reste. Deux prélèvements se calculent sur le prix et non sur votre marge :

  • Les cotisations sociales : en micro-entreprise, Service-public indique un taux de 21,2 % des recettes pour la location de chambres d’hôtes (selon votre situation et vos revenus, vérifiez votre cas).
  • La commission d’une plateforme, si la réservation passe par elle (le taux dépend de la plateforme et de votre contrat ; nous prenons 15 % pour l’exemple).
Suite du calcul : pour garder 68,71 € après 21,2 % de cotisations, il faut un prix de 68,71 ÷ (1 − 0,212) = 87,20 € en réservation directe.
Si la réservation passe par une plateforme à 15 % (exemple) : 87,20 ÷ (1 − 0,15) = 102,59 €.

Cet écart de près de 15 € par nuit explique pourquoi chaque réservation reçue en direct, sur votre site ou votre fiche Google, compte autant. Si vous facturez la TVA (au-delà des seuils de la franchise en base), ajoutez-la par-dessus : 10 % sur l’hébergement et la table d’hôtes.

Étape 3 : comparez avec les hébergements autour de vous

Le prix plancher dit ce dont vous avez besoin ; le marché dit ce que les voyageurs acceptent de payer chez vous. Faites ce relevé une fois par saison :

  1. Choisissez une date précise (un samedi de mai, un mardi de novembre).
  2. Cherchez sur Google Maps et sur une ou deux plateformes les hébergements à moins de 15 minutes de chez vous.
  3. Retenez 5 hébergements vraiment comparables : même type (chambre d’hôtes, pas hôtel), même capacité, confort proche.
  4. Notez pour chacun : prix pour deux avec petit-déjeuner, salle d’eau privée ou non, note et nombre d’avis.
Hébergement (exemple)Prix pour 2, petit-déj comprisSalle d’eau privéeNote / avis
Maison A85 €Non4,6 / 40
Maison B98 €Oui4,8 / 110
Maison C92 €Oui4,5 / 25
Maison D110 €Oui + piscine4,9 / 70
Maison E79 €Non4,3 / 18

Dans cet exemple, une chambre avec salle d’eau privée et peu d’avis se place autour de 90 à 95 €. Avec un prix direct de 87,20 €, vous êtes dans le marché ; vous pouvez viser 92 € et monter quand vos avis seront plus nombreux. Si votre prix plancher était au-dessus de tous les comparables, il faudrait revoir vos charges ou augmenter la valeur (salle d’eau, table d’hôtes, services).

Pour aller plus loin dans l’observation de vos voisins, voyez analyser ses concurrents sur Google Maps.

Étape 4 : construisez une grille par saison

Un seul prix toute l’année laisse de l’argent sur la table en été et fait fuir les clients en hiver. Partez de votre prix de base et appliquez des coefficients simples :

Période (exemple)CoefficientPrix pour 2 (base 92 €)Séjour minimum
Basse saison (novembre à mars, hors fêtes)0,8578 €1 nuit
Moyenne saison (avril à juin, septembre-octobre)1,0092 €1 nuit, 2 le week-end
Haute saison (juillet-août)1,20110 €2 nuits
Événement local, ponts, fêtes de fin d’année1,30120 €2 nuits

Vérifiez que le prix de basse saison reste au-dessus de votre prix plancher (ici 87,20 € en direct… donc 78 € ne couvre pas tout votre travail). C’est un choix possible pour remplir des nuits creuses, à condition de le faire en connaissance de cause, ou de proposer à la place une offre « 3 nuits pour le prix de 2,5 ».

Pour repérer les vacances, ponts et événements, servez-vous de notre calendrier marketing du commerce.

Les erreurs de prix les plus fréquentes

  • Copier le prix du voisin sans connaître vos propres charges : il a peut-être une maison payée, pas de salle d’eau à amortir, ou une table d’hôtes qui fait sa marge.
  • Oublier votre temps : une nuit occupée, c’est l’accueil, le petit-déjeuner, le ménage, le linge et les courses. Si ce temps n’est pas dans le prix, vous travaillez gratuitement.
  • Raisonner sur le prix affiché et non sur ce qui reste : cotisations et commissions se calculent sur le prix, elles réduisent fortement ce que vous gardez.
  • Brader la première saison : un prix trop bas attire des clients qui comparent seulement le prix, et il est difficile de remonter ensuite. Mieux vaut une offre de lancement limitée dans le temps.
  • Un prix unique toute l’année : vous perdez de l’argent en été et des clients en hiver.
  • Des suppléments mal annoncés : un supplément découvert à l’arrivée coûte plus cher en avis négatif qu’il ne rapporte.
Une offre de lancement claire vaut mieux qu’un prix trop bas : « Pour notre première saison, −15 % sur les séjours de 2 nuits jusqu’au 30 juin ». Vous remplissez vos premières nuits, vous récoltez vos premiers avis, et votre prix normal reste votre prix normal.

Suppléments, réductions et table d’hôtes

Les suppléments permettent de garder un prix d’appel lisible tout en faisant payer ce qui coûte. Tout ce qui est payant doit être affiché avec vos prix.

  • Personne supplémentaire (lit d’appoint) : couvrez au moins un petit-déjeuner et le linge en plus
  • Une seule nuit en haute saison : un supplément plutôt qu’un refus
  • Départ tardif : un montant fixe, selon les disponibilités
  • Animal : un forfait par séjour pour le ménage supplémentaire
  • Long séjour : une réduction à partir de 4 ou 5 nuits, qui vous évite des ménages intermédiaires

Le prix de la table d’hôtes

Calculez le coût des ingrédients et des boissons d’un repas, puis appliquez un coefficient qui couvre votre temps. Exemple : entrée, plat, dessert, vin et café pour une personne reviennent à 11 € d’achats ; avec un coefficient de 2,5, le repas est à 27,50 €, arrondi à 28 € boissons comprises. La méthode du coût matière est détaillée dans le guide calculer le coût matière d’un plat.

Ce qu’il faut afficher

Le prix est affiché toutes taxes comprises, avec : la nuitée petit-déjeuner compris, les suppléments, l’accès à internet (gratuit ou payant), le repas de table d’hôtes boissons comprises et la taxe de séjour quand elle est perçue au réel. Voir affichage obligatoire en hôtel et chambre d’hôtes.

Quand et comment revoir vos prix

Un prix n’est pas fixé pour toujours. Revoyez-le au moins une fois par an, et dès qu’un de ces signaux apparaît :

  • Vos chambres sont complètes des semaines à l’avance en moyenne saison : vous êtes probablement trop bas
  • Vos charges ont augmenté (énergie, assurance, produits du petit-déjeuner)
  • Vous avez ajouté de la valeur : salle d’eau privée, literie neuve, table d’hôtes
  • Votre note et votre nombre d’avis ont nettement progressé
  • Les hébergements comparables autour de vous ont changé leurs prix

Changez vos prix pour les réservations futures, jamais pour celles déjà confirmées. Prévenez vos habitués avec un message simple : voir nos modèles pour annoncer une hausse de prix.

Le tableau à tenir chaque mois

MoisNuits disponiblesNuits venduesTaux d’occupationPrix moyen encaisséPart en direct
Mai (exemple)623455 %91 €40 %
Juin (exemple)604575 %95 €45 %

Le taux d’occupation est le nombre de nuits vendues divisé par le nombre de nuits disponibles (2 chambres × 31 jours = 62 en mai). Si l’occupation est forte et que la part en direct monte, vous pouvez augmenter prudemment ; si elle baisse alors que vos voisins sont pleins, regardez d’abord vos photos, vos avis et votre visibilité avant de baisser le prix.

Les étapes, en résumé

La méthode en cinq étapes pour un prix de nuitée qui couvre vos charges et reste dans le marché.

  1. Lister les charges. Charges fixes de l’année et coût d’une nuit occupée (petit-déjeuner, linge, énergie, produits).
  2. Calculer le prix plancher. Charges fixes ÷ nuits prévues + coût d’une nuit + rémunération de votre travail.
  3. Ajouter les prélèvements. Divisez par (1 − taux de cotisations), puis par (1 − commission) pour les réservations via une plateforme.
  4. Comparer au marché. Relevez le prix de 5 hébergements comparables à la même date et situez-vous.
  5. Décliner par saison. Coefficients basse, moyenne et haute saison, séjour minimum et suppléments affichés.

Ce guide pour votre métier

Tous les guides · Hôtel, chambre d’hôtes et gîte (10)

Pour aller plus loin

Sources

Les règles citées dans ce guide viennent de ces pages officielles, consultées le 28 octobre 2026.

Le prix d’une chambre d’hôtes est-il libre ?
Oui. Il se fixe selon le confort, les prestations et l’attrait touristique. Il doit en revanche être affiché toutes taxes comprises, avec les suppléments et la taxe de séjour au réel.
Comment calculer le prix minimum d’une nuit ?
Divisez vos charges fixes de l’année par le nombre de nuits que vous pensez vendre, ajoutez le coût d’une nuit occupée et la rémunération de votre travail. C’est votre prix plancher.
Faut-il inclure la taxe de séjour dans le prix ?
Si la taxe est perçue au réel, elle s’ajoute au prix et apparaît à part. Si elle est forfaitaire, c’est vous qui la payez et vous l’intégrez dans votre prix de nuitée.
Le petit-déjeuner peut-il être facturé à part ?
Non, dans une chambre d’hôtes le petit-déjeuner est compris dans le prix de la nuitée. Vous pouvez en revanche facturer à part la table d’hôtes du soir.
Faut-il le même prix en direct et sur les plateformes ?
C’est à vous de voir selon vos contrats. Le calcul montre qu’une réservation directe, sans commission, vous laisse davantage pour un même prix affiché.
Combien de nuits faut-il vendre pour être rentable ?
Divisez vos charges fixes annuelles par la marge d’une nuit (prix encaissé moins coût d’une nuit occupée et prélèvements). Le résultat est le nombre de nuits à vendre pour couvrir les charges fixes.
Faut-il baisser ses prix en hiver ?
Une réduction de basse saison peut remplir des nuits creuses, à condition de rester au-dessus du coût d’une nuit occupée. Une offre sur plusieurs nuits est souvent plus intéressante qu’une baisse du prix de base.
Comment fixer le prix d’une personne supplémentaire ?
Couvrez au minimum un petit-déjeuner et un jeu de linge en plus, et le temps de préparation du lit d’appoint. Affichez ce supplément avec vos prix.
À quelle fréquence revoir ses prix ?
Au moins une fois par an, et dès que vos charges, votre offre ou vos avis changent nettement. Les nouveaux prix ne s’appliquent qu’aux nouvelles réservations.
Questions fréquentes

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