Que faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?
Ouvrir un salon, c’est d’abord un projet d’artisan : la coiffure est un métier réglementé, et la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) sera votre interlocuteur principal. C’est aussi un projet de commerce : un emplacement, une vitrine, des clients à faire venir puis revenir.
Ce guide suit l’ordre dans lequel les questions se posent vraiment : la qualification, le statut et l’immatriculation, le local, le budget, les obligations d’exercice, puis la préparation de l’ouverture. Pour la communication autour du lancement, voyez notre guide communiquer pour l’ouverture d’un commerce.
Quel diplôme faut-il pour ouvrir un salon de coiffure ?
D’après la fiche officielle Coiffeur en salon de Service-public Entreprendre (vérifiée le 21 février 2026), pour exercer la coiffure en France il faut remplir l’une de ces conditions :
- Avoir un CAP coiffure
- Ou un brevet professionnel (BP) coiffure
- Ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur, inscrit au RNCP et attestant d’une qualification en coiffure
- Ou justifier de 3 années d’expérience effective dans le métier (en France, dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen), comme dirigeant, indépendant ou salarié : la CMA délivre alors une attestation de qualification professionnelle
Sans ces conditions, l’exercice de la coiffure est illégal : la même fiche indique une amende de 7 500 € (article L151-2 du Code de l’artisanat).
Et le brevet professionnel ?
La fiche cite aussi le décret n° 98-848 du 21 septembre 1998 sur l’utilisation de certains produits dangereux, qui nécessite le BP coiffure. Si vous comptez proposer des prestations techniques comme certaines permanentes ou certains défrisages, posez la question à votre CMA avant d’acheter vos produits.
Diplôme obtenu à l’étranger
Un diplôme de l’Union européenne ou de l’EEE se fait reconnaître auprès de la CMA, qui délivre une attestation de reconnaissance de qualification. Si la formation diffère beaucoup des exigences françaises, la CMA peut demander un stage d’adaptation ou une épreuve d’aptitude, au choix du coiffeur.
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Quel statut choisir et comment s’immatriculer ?
Vous avez le choix entre l’entreprise individuelle (dont la micro-entreprise) et la société (SARL, EURL, SAS, SASU…). Le bon choix dépend de votre chiffre d’affaires prévu, de vos investissements, de votre situation familiale et de l’embauche éventuelle de salariés. Un rendez-vous avec la CMA ou un expert-comptable avant de choisir vous évitera un changement de statut coûteux un an plus tard.
Quelques repères simples pour en parler avec eux :
| Votre situation | Question à poser |
|---|---|
| Vous démarrez seul(e), peu de travaux | La micro-entreprise suffit-elle pour la première année ? |
| Gros travaux et achat de matériel | Puis-je déduire ces dépenses avec mon statut ? |
| Vous embauchez dès l’ouverture | Quel statut et quelle protection sociale pour moi ? |
| Vous vous associez | Quelle société, et comment répartir les parts ? |
L’immatriculation
Elle se fait en ligne, sur le guichet des formalités des entreprises. Selon Service-public, la déclaration se fait dans le mois qui précède le début de l’activité et au plus tard 15 jours après. L’Insee vous attribue ensuite votre numéro Siren, votre Siret et votre code APE. Vous joindrez une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et la preuve de votre qualification.
La TVA
Les prestations de coiffure sont soumises à la TVA à 20 %, sauf si vous êtes en franchise en base. Pour les prestations de services, le seuil de la franchise est de 37 500 € de chiffre d’affaires de l’année précédente (fiche franchise en base de TVA, vérifiée au 1er janvier 2026). Les produits revendus au salon relèvent d’un autre seuil : faites le point avec votre comptable.
Comment choisir le local de son salon ?
Un salon vit de son passage et de sa clientèle de quartier. Avant de signer, passez à différentes heures devant le local : un mardi matin, un samedi après-midi, un soir à 18 h. Comptez les passants, regardez qui ils sont, notez les commerces voisins.
- Visibilité de la vitrine depuis le trottoir et depuis la rue
- Stationnement ou transports en commun à proximité
- Nombre de salons dans un rayon de 500 m et leurs prix affichés
- Arrivée et évacuation d’eau pour les bacs, puissance électrique suffisante pour les séchoirs
- Accessibilité aux personnes à mobilité réduite (le salon est un établissement recevant du public)
- Destination du bail compatible avec la coiffure, et travaux autorisés par le bailleur
- Ventilation, surtout si vous faites des colorations
Comme tout établissement recevant du public, le salon doit respecter les règles de sécurité incendie et d’accessibilité : Service-public cite notamment le registre de sécurité et les dispositifs contre l’incendie. Si vous faites des travaux d’aménagement, une autorisation de travaux peut être nécessaire : renseignez-vous auprès de votre mairie avant de lancer le chantier.
Quel budget pour ouvrir un salon de coiffure ? Un exemple de calcul
Il n’existe pas de « bon » budget : il dépend surtout de l’état du local et de la taille du salon. Voici la méthode, illustrée par un exemple inventé pour le calcul : un petit salon de 4 postes, « Salon Lumière », dans un local déjà aménagé en commerce. Remplacez chaque ligne par vos devis.
| Poste | Exemple (à remplacer par vos devis) |
|---|---|
| Dépôt de garantie et frais de bail | 6 000 € |
| Travaux (peinture, électricité, plomberie des bacs) | 15 000 € |
| Mobilier : 4 fauteuils de coiffage, 2 bacs, accueil | 9 000 € |
| Petit matériel (séchoirs, tondeuses, ciseaux, chariots) | 3 000 € |
| Stock de départ (produits techniques et revente) | 4 000 € |
| Enseigne, vitrophanie, cartes, affichage des prix | 2 500 € |
| Caisse, terminal de paiement, informatique | 1 500 € |
| Trésorerie pour 6 mois de charges fixes | 6 × 3 500 € = 21 000 € |
| Total de l’exemple | 62 000 € |
La ligne la plus souvent oubliée est la dernière. Les premiers mois, le carnet de rendez-vous se remplit progressivement, mais le loyer, l’assurance, l’électricité et vos propres besoins tombent dès le premier mois. Prévoir la trésorerie évite de devoir emprunter en urgence au troisième mois.
Calculer votre point mort
Additionnez vos charges fixes mensuelles (loyer, assurances, abonnements, comptable, votre rémunération minimale). Dans l’exemple : 3 500 €. Si votre prestation moyenne rapporte 45 € et que les produits utilisés coûtent 5 €, chaque client vous laisse 40 €. Il faut donc 3 500 ÷ 40 ≈ 88 clients par mois pour couvrir les charges, soit environ 4 clients par jour sur 22 jours d’ouverture. Ce chiffre vous dit si le projet tient la route avec un seul poste occupé, ou s’il faut un salarié dès le départ.
Pour fixer vos tarifs à partir de ce calcul, voyez notre guide fixer ses prix en salon de coiffure.
Les obligations à respecter dès le premier jour
Affichage des prix
L’arrêté du 27 mars 1987 impose d’afficher en vitrine, lisible de l’extérieur, au moins 10 prix TTC des prestations les plus courantes (20 pour un salon mixte : 10 pour les hommes, 10 pour les femmes). Le même tarif est affiché à l’intérieur, au lieu de paiement, et une carte complète des prestations est tenue à la caisse et mise à disposition des clients. Les forfaits doivent détailler les prestations qu’ils regroupent. Tout est expliqué dans notre guide affichage des prix en salon de coiffure.
Note au client
Une note est obligatoire pour toute prestation de plus de 25 € TTC, ou si le client la demande. Elle est faite en deux exemplaires, l’original remis au client, le double conservé 2 ans. Les conditions de délivrance de la note doivent être affichées là où se fait le paiement.
Musique
Diffuser de la musique dans le salon, même la radio, demande une déclaration à la Sacem et le paiement d’une redevance annuelle (qui inclut la part Spré), selon la fiche officielle.
Assurances
La responsabilité civile professionnelle et la multirisque ne sont pas obligatoires, mais Service-public les recommande : une coloration qui tourne mal ou un dégât des eaux peut coûter très cher. Votre bailleur exigera souvent une attestation d’assurance du local.
Si vous embauchez
Déclaration préalable à l’embauche, contrat de travail, registre unique du personnel, document unique d’évaluation des risques et application de la convention collective nationale de la coiffure (IDCC 2596).
Comment avoir des clients dès l’ouverture ?
Un salon qui ouvre part de zéro sur Google : aucune note, aucun avis, aucune photo. Or c’est là que la plupart des gens choisissent un nouveau coiffeur. Les premières semaines comptent double.
- Créez la fiche Google dès que vous avez l’adresse et la date, avec photos du salon, horaires et prestations (guide fiche Google Business)
- Prise de rendez-vous en ligne ouverte avant l’ouverture : les premiers créneaux se réservent pendant les travaux
- Affiche « Ouverture le… » en vitrine avec un QR code vers la réservation
- Demandez un avis à chaque client satisfait des premières semaines : 10 à 20 avis changent complètement l’image d’un salon neuf (guide avis Google pour un salon de coiffure)
- Un compte Instagram qui montre les travaux, puis les premières réalisations (36 idées de posts)
Bonjour ! [Nom du salon] ouvre le [date] au [adresse]. Coupe, couleur, barbe : vous pouvez déjà réserver votre rendez-vous en ligne, 24 h/24 : [lien]. Pour fêter l’ouverture, [offre simple : brushing offert avec toute couleur] jusqu’au [date]. À très vite !
Avec Voxtya, la prise de rendez-vous en ligne et la demande d’avis par QR code et e-mail se mettent en place avant l’ouverture, sans commission par rendez-vous.
La check-list des 60 jours avant l’ouverture
- J-60 : qualification vérifiée (diplôme ou attestation CMA), statut choisi, rendez-vous banque si besoin d’un prêt
- J-60 : bail signé, devis des travaux validés, assurance du local souscrite
- J-45 : immatriculation préparée (elle se dépose au plus tôt un mois avant le début d’activité)
- J-45 : commande du mobilier et du stock, délais de livraison vérifiés
- J-30 : fiche Google créée, compte Instagram ouvert, réservation en ligne paramétrée
- J-30 : affiche « Ouverture le… » en vitrine, déclaration Sacem
- J-15 : tarifs définitifs, affichage des prix vitrine et intérieur imprimé, carte des prestations
- J-15 : terminal de paiement et caisse testés, carnet de notes clients prêt
- J-7 : photos du salon fini ajoutées sur Google et sur le site, message aux contacts
- Jour J : QR code d’avis à l’accueil, première publication, accueil des premiers clients
- J+30 : premiers avis reçus et répondus, bilan des créneaux les plus demandés
Gardez cette liste imprimée dans le salon pendant les travaux : cochez au fur et à mesure, et notez les dates des devis reçus.
Les étapes, en résumé
Les grandes étapes, de la qualification à l’ouverture.
- Vérifier la qualification. CAP, BP, diplôme inscrit au RNCP, ou 3 ans d’expérience attestés par la chambre de métiers.
- Choisir le statut. Micro-entreprise ou société, avec la CMA ou un expert-comptable.
- Trouver le local. Passage, visibilité, eau, électricité, accessibilité et bail compatible.
- Établir le budget sur 12 mois. Travaux, matériel, stock et au moins six mois de charges fixes.
- S’immatriculer. Sur le guichet des formalités, dans le mois qui précède l’ouverture et au plus tard 15 jours après.
- Préparer l’affichage et les assurances. 10 prix TTC minimum (20 en mixte), notes clients, RC pro conseillée, Sacem.
- Se rendre visible avant l’ouverture. Fiche Google, réservation en ligne, affiche en vitrine, premiers avis.
Ce guide pour votre métier
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Pour aller plus loin
Sources
Les règles citées dans ce guide viennent de ces pages officielles, consultées le 28 octobre 2026.