Guide détaillé

Quel statut juridique choisir pour ouvrir un restaurant ?

Réponse rapide : si vous ouvrez seul un petit restaurant et voulez tester simplement, l’entreprise individuelle (éventuellement en micro-entreprise) est la plus simple. Dès que le chiffre d’affaires, les achats ou les salariés deviennent importants, une société est souvent plus adaptée : EURL ou SASU si vous êtes seul, SARL ou SAS si vous êtes plusieurs. Le bon choix dépend de votre prévisionnel : faites-le valider par un expert-comptable avant l’immatriculation.

Avant d’immatriculer votre restaurant, il faut choisir sa forme juridique : entreprise individuelle, micro-entreprise ou société. Ce choix change votre protection sociale, vos impôts, la façon de vous payer et la possibilité de vous associer. Ce guide compare les options avec les règles officielles de 2026 et vous aide à préparer le rendez-vous avec votre expert-comptable.

À retenir

  • Seul, vous avez le choix entre entreprise individuelle (avec ou sans micro-entreprise), EURL et SASU ; à plusieurs, SARL ou SAS.
  • La micro-entreprise est simple, mais ses charges ne se déduisent pas : un restaurant, qui achète beaucoup, y est souvent mal à l’aise.
  • En 2026, le plafond micro pour une activité de vente, dont la restauration, est de 203 100 € HT.
  • Gérant d’EURL ou gérant majoritaire de SARL : travailleur indépendant. Président de SAS ou SASU : assimilé salarié s’il est rémunéré.
  • Faites valider votre choix par un expert-comptable avec votre prévisionnel : c’est lui qui donne la bonne réponse chiffrée.
Mis à jour le 9 min de lecture Par l’équipe Voxtya

Quel statut juridique pour un restaurant ?

Il n’existe pas de statut réservé aux restaurants. Ce sont les formes juridiques classiques du commerce, décrites par Service Public Entreprendre. Ce qui est propre à la restauration, ce sont les chiffres : beaucoup d’achats (matières premières, boissons), souvent des salariés, un loyer, du matériel. Ces charges pèsent lourd dans le choix, parce que certains statuts permettent de les déduire et d’autres non.

Ce guide ne remplace pas un conseil personnalisé. Il vous donne les règles officielles de 2026 et les bonnes questions à poser. Le choix du statut fait partie des démarches pour ouvrir un restaurant et s’appuie sur votre business plan. Pour la vue d’ensemble, voyez ouvrir un restaurant.

EI, micro, EURL, SARL, SASU, SAS : quelles différences ?

Voici le résumé des formes possibles pour une activité commerciale comme la restauration, d’après la fiche officielle de Service Public Entreprendre (vérifiée le 10 avril 2026).

FormeAssociésStatut social du dirigeantImpôt sur les bénéfices
Entreprise individuelle (EI)Vous seulTravailleur indépendantImpôt sur le revenu, option possible pour l’impôt sur les sociétés
Micro-entreprise (option de l’EI)Vous seulRégime micro-social : cotisations en pourcentage du chiffre d’affairesRégime micro-fiscal, sous plafond
EURL1 associéGérant travailleur indépendantImpôt sur le revenu, option pour l’impôt sur les sociétés
SARL2 à 100 associésGérant majoritaire : indépendant ; minoritaire ou non associé : assimilé salariéImpôt sur les sociétés, option pour l’impôt sur le revenu
SASU1 associéPrésident assimilé salarié s’il est rémunéréImpôt sur les sociétés, option pour l’impôt sur le revenu
SAS2 associés minimumPrésident assimilé salariéImpôt sur les sociétés, option pour l’impôt sur le revenu

Pour les sociétés (EURL, SARL, SASU, SAS), le capital est libre : il n’y a pas de minimum. La responsabilité des associés est limitée à leurs apports, sauf faute de gestion ou caution personnelle donnée par le dirigeant (ce que les banques demandent souvent pour un prêt). En entreprise individuelle, la responsabilité est en principe limitée au patrimoine professionnel, sauf fraude ou manquement grave.

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Peut-on ouvrir un restaurant en micro-entreprise ?

Oui, rien ne l’interdit. La restauration entre dans la catégorie « vente » de la micro-entreprise : le BOFiP y range les entreprises dont le commerce principal est de vendre des denrées « à emporter ou à consommer sur place ». En 2026, le plafond de chiffre d’affaires pour cette catégorie est de 203 100 € HT (apprécié sur le chiffre d’affaires de 2025 ou 2024). Si vous le dépassez deux années de suite, vous passez au régime réel au 1er janvier suivant.

Les cotisations sociales sont un pourcentage du chiffre d’affaires : 12,3 % pour la vente de marchandises en 2026, d’après Service Public Entreprendre. Si vous ne vendez rien, vous ne payez rien.

Le piège pour un restaurant : les charges ne se déduisent pas

En micro-entreprise, les frais professionnels ne sont pas déduits. Vos cotisations et votre impôt sont calculés sur le chiffre d’affaires, pas sur ce qui vous reste. Or un restaurant achète beaucoup. Exemple fictif, sans salarié :

LigneMontant sur un an
Chiffre d’affaires150 000 €
Cotisations micro (12,3 % du chiffre d’affaires)18 450 €
Achats de marchandises45 000 €
Loyer18 000 €
Énergie6 000 €
Ce qui reste, avant impôt62 550 €

Le calcul semble correct, mais l’impôt en micro est calculé sur le chiffre d’affaires après un abattement forfaitaire (71 % pour l’achat-revente, selon Service Public Entreprendre), pas sur vos vraies charges. Dès que vos charges réelles sont élevées, le régime réel (en EI ou en société) devient souvent plus intéressant. C’est exactement la comparaison à demander à votre expert-comptable avec votre prévisionnel.

La TVA en micro-entreprise

La micro-entreprise peut bénéficier de la franchise en base de TVA tant que le chiffre d’affaires reste sous les seuils : en 2026, pour une activité commerciale, 85 000 € (seuil de base, chiffre d’affaires de l’année précédente) et 93 500 € (seuil majoré, année en cours). Au-delà du seuil majoré, la TVA s’applique dès le premier jour du dépassement. Un restaurant qui dépasse ce seuil doit alors facturer la TVA (10 % sur les plats, 20 % sur l’alcool, voir la TVA dans un restaurant) : à prévoir dans vos prix dès le départ.

EURL ou SASU, SARL ou SAS : comment choisir ?

La grande différence entre ces sociétés tient au statut social du dirigeant.

Gérant d’EURL ou gérant majoritaire de SARL : travailleur indépendant

Le dirigeant relève de la protection sociale des indépendants. Les cotisations sont calculées sur sa rémunération. Pour un restaurant qui démarre et dont le dirigeant se paie peu au début, c’est une option souvent étudiée.

Président de SAS ou SASU : assimilé salarié

Le président relève du régime général, comme un salarié, lorsqu’il est rémunéré. Les cotisations sont en général plus élevées pour une même rémunération, mais la protection sociale est celle des salariés. S’il ne se verse aucune rémunération, il n’y a pas de cotisation sociale.

À plusieurs : SARL ou SAS

Si vous vous associez (avec un chef, un ami, un investisseur), la SARL (2 à 100 associés) et la SAS (au moins 2 associés) sont les deux formes courantes. La SAS laisse plus de liberté pour écrire les statuts (qui décide, comment entrer ou sortir) ; la SARL est plus encadrée par la loi. Dans les deux cas, écrivez noir sur blanc ce qui se passe si un associé veut partir : c’est la source de conflits la plus fréquente.

  • Combien voulez-vous vous verser la première année, et les suivantes ?
  • Quelle protection sociale voulez-vous (santé, retraite, prévoyance) ?
  • Êtes-vous seul ou à plusieurs, et cela peut-il changer ?
  • Prévoyez-vous de revendre le restaurant ou de faire entrer un associé plus tard ?
  • Quels sont vos chiffres prévisionnels : chiffre d’affaires, achats, salaires, résultat ?

Combien coûte la création, et quelles aides existent ?

Les frais de création indiqués par Service Public Entreprendre (avril 2026) :

FormeFrais officiels indiqués
Entreprise individuelle, activité commerciale21,74 €
Micro-entreprisePas de frais de création indiqués
EURL et autres sociétésImmatriculation (33,83 € pour l’EURL), déclaration des bénéficiaires effectifs (19,33 €) et annonce légale

À ces frais officiels s’ajoutent, pour une société, la rédaction des statuts (seul ou avec un professionnel) et le dépôt du capital. Le capital est libre : pour une EURL ou une SARL, au moins 20 % des apports en argent sont versés à la création ; pour une SAS ou une SASU, au moins 50 % ; le reste dans les 5 ans.

L’Acre

L’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre) permet, sous conditions, une exonération partielle de cotisations au début de l’activité. Selon Service Public Entreprendre, elle n’est plus automatique depuis 2026 : la demande se fait dans les 60 jours. Vérifiez votre éligibilité sur la fiche officielle et parlez-en à votre conseiller. Les autres aides et le financement sont détaillés dans le budget pour ouvrir un restaurant.

Et si vous reprenez un restaurant, ou changez de statut plus tard ?

En cas de reprise d’un restaurant, vous pouvez racheter le fonds de commerce (avec votre propre entreprise, individuelle ou société) ou racheter les parts ou actions de la société qui l’exploite. Ce sont deux opérations très différentes : dans le second cas, vous reprenez aussi l’historique de la société. Faites-vous accompagner.

Le statut n’est pas définitif. Beaucoup de restaurateurs commencent en entreprise individuelle puis créent une société quand l’activité grandit. Mais changer coûte du temps et des frais : mieux vaut choisir une forme qui tient au moins pour les premières années de votre prévisionnel.

Avec Voxtya : une fois l’entreprise créée, votre site est créé à partir de votre fiche Google (horaires, photos, avis), et son référencement sur Google et dans les IA est pris en charge pour vous. Voir le service Site web

Pensez aussi aux mentions légales : le nom de l’entreprise, sa forme et son numéro d’immatriculation doivent figurer sur votre site. Voyez les mentions légales d’un site de commerce.

La check-list avant le rendez-vous avec l’expert-comptable

Arrivez avec ces éléments : le rendez-vous sera plus court et le conseil plus juste.

  • Votre prévisionnel sur 3 ans : chiffre d’affaires, achats, salaires, loyer, résultat.
  • Le nombre de salariés prévus et leur coût.
  • Ce que vous voulez vous verser chaque mois, au début et ensuite.
  • Votre situation personnelle : autres revenus, conjoint, droits au chômage éventuels.
  • Le nombre d’associés et la répartition envisagée.
  • Votre projet à 5 ans : agrandir, ouvrir une deuxième adresse, revendre.

Le site officiel propose aussi un simulateur pour trouver la forme juridique adaptée à votre projet, depuis la rubrique « Je crée » de Service Public Entreprendre. Une fois le statut choisi, l’immatriculation se fait en ligne : la suite est dans les démarches pour ouvrir un restaurant.

Le guide du restaurateur

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Pour aller plus loin

Sources

Les règles citées dans ce guide viennent de ces pages officielles, consultées le 28 octobre 2026.

Quel est le meilleur statut pour un restaurant ?
Il n’y en a pas un seul. Seul, l’entreprise individuelle, l’EURL ou la SASU ; à plusieurs, la SARL ou la SAS. Le choix dépend de votre chiffre d’affaires, de vos charges, de votre rémunération et de la protection sociale voulue : faites-le valider par un expert-comptable.
Peut-on ouvrir un restaurant en micro-entreprise ?
Oui. La restauration relève du plafond « vente », de 203 100 € HT en 2026. Mais les charges ne se déduisent pas, ce qui pénalise souvent un restaurant qui achète beaucoup.
Quel taux de cotisations en micro-entreprise pour un restaurant ?
Pour la vente de marchandises, Service Public Entreprendre indique 12,3 % du chiffre d’affaires en 2026, sans cotisation si le chiffre d’affaires est nul.
Un restaurant en micro-entreprise paie-t-il la TVA ?
Pas tant qu’il reste sous les seuils de la franchise : 85 000 € (seuil de base) et 93 500 € (seuil majoré) en 2026 pour une activité commerciale. Au-delà du seuil majoré, la TVA s’applique dès le premier jour du dépassement.
SARL ou SAS pour un restaurant à plusieurs ?
La SAS laisse plus de liberté dans les statuts et son président est assimilé salarié ; dans la SARL, le gérant majoritaire est travailleur indépendant. Comparez le coût social de votre rémunération dans les deux cas.
Faut-il un capital minimum pour créer une société de restauration ?
Non, le capital est libre pour l’EURL, la SARL, la SASU et la SAS. Une partie des apports en argent doit être versée à la création (20 % en EURL et SARL, 50 % en SAS et SASU), le reste dans les 5 ans.
Mes biens personnels sont-ils protégés ?
En société, la responsabilité est limitée aux apports, sauf faute de gestion ou caution personnelle. En entreprise individuelle, elle est en principe limitée au patrimoine professionnel, sauf fraude ou manquement grave.
L’Acre est-elle automatique ?
Non : selon Service Public Entreprendre, depuis 2026 elle doit être demandée, dans les 60 jours. Vérifiez les conditions sur la fiche officielle.
Peut-on changer de statut plus tard ?
Oui, beaucoup passent de l’entreprise individuelle à la société quand l’activité grandit. Cela a un coût : choisissez une forme qui tient pendant les premières années de votre prévisionnel.
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